15.05.2008
l'isle sur la sorgue la tour d'argent du 14 au 25 mai 2008

Michel UHLRICH Rétrospectivement
L’Isle-sur-la-Sorgue – 14 Mai - 25 Mai 2008 – à la Tour d’Argent
Nous pourrions commencer cette chronique par la formule consacrée : « On ne présente plus Michel UHLRICH » qui serait le reflet de la réalité si nous ne vivions pas une époque d’obscurantisme où un candidat de la Star’Ac éveille plus d’échos chez nos contemporains qu’un peintre qui se consacre à son art depuis bientôt soixante ans.
Formé à l’École des Beaux Arts de Saint-Étienne de 1952 à 1955, Michel UHLRICH après quelques expositions prometteuses, quitte sa ville natale en 1959 pour « monter » à PARIS. Les expositions se succèdent notamment à la Galerie BERNHEIM JEUNE à Paris mais également en Allemagne, en Suisse, en Suède, en Pologne et aux États-Unis où UHLRICH compte de fervents collectionneurs.
En 1964, le peintre rencontre le cinéaste René CLAIR* qui lui écrit cette dédicace en forme d’injonction : « …Je souhaite aussi que vous poursuiviez votre route sans vous soucier des conformismes et des anticonformismes que l’on trouve au même rayon du Prisunic de l’inspiration ».
Nul doute que Michel UHLRICH ait poursuivi cette route, privilégiant toujours la liberté d’expression à la conformité des modes et l’exposition « Rétrospectivement » en mai prochain le démontrera. En effet, UHLRICH présentera à cette occasion des toiles de plusieurs périodes et de différentes techniques.
UHLRICH écrit actuellement chaque jour des petits textes courts, certains proches des haïkus, ces petits poèmes japonais de trois vers et une centaine de ces textes illustrés par lui-même feront l’objet d’un livre d’artiste : Ricochets.
Ces textes seront déclamés par la Compagnie du Clair Obscur de Lagnes, lors d’une lecture publique le jeudi 22 Mai 2008 de 19H à 21H à la Tour d’Argent.
Michel UHLRICH choisit en 1973 de s’installer à Lagnes dans le Vaucluse. Depuis, il ouvre chaque été son atelier au public. En 1998 L’Arbre à Vélo organisait à l’Isle-sur-la-Sorgue une exposition d’UHLRICH. Dix ans après, fidèle à ses engagements, l’Arbre à Vélo honore ce grand peintre, immense patrimoine vivant de notre région.
Katherine Mallet
Exposition ouverte tous les jours de 10H à 20H non-stop.
* René Clair (René Chomette dit René Clair) Paris 1898-Neuilly 1981
René Clair fait ses débuts de réalisateur avec Paris qui dort et Entracte en 1924 un film de commande de Picabia, autant dire que ses débuts prometteurs étaient très liés au mouvement Dada. (Un chapeau de paille d’Italie, Sous les toits de Paris, A nous la liberté, Belles de Nuit…)
Un fracas suspendu dans le vide
Porter des émotions, des sensations, et les transmettre aux spectateurs, ce pourrait être la mission que s’est fixée la peinture de Michel Uhlrich. Avec ses univers flottants, ses immersions dans la couleur, ses constructions en équilibre instable, celle-ci réussit d’autant plus dans cette tâche qu’elle est l’œuvre d’un vrai virtuose de l’art pictural. Depuis qu’il est entré en peinture, Uhlrich en a exploré tous les genres avec un égal bonheur, avec une égale maîtrise, du figuratif avec ses portraits saisissants, à l’abstrait avec ses paysages intérieurs et ses compositions puissantes.
Fidèle dans ses engagements de montrer et diffuser la vraie création artistique locale, l’association l’Arbre à Vélo met la barre très haut avec ce nouveau «coup de chapeau» à la Tour d’Argent. Ne disposant à L’Isle-sur-la-Sorgue que de cet espace d’exposition, «Rétrospectivement» ne saurait constituer une véritable rétrospective*, et donc s’intéressera plus particulièrement aux paysages et aux compositions abstraites de l’artiste. Une rétrospective partielle donc, mais le fruit d’une vie entière consacrée à la peinture.
Nous verrons donc dans cette exposition différentes séries, issues de plusieurs périodes de l’œuvre d’Uhlrich, et notamment une série de paysages, des paysages intérieurs, des paysages de peinture et même de sable. Une lumière spéciale baigne toutes ces compositions, leur donnant un air de cité engloutie, de monde subaquatique ou de galaxie, de confins de l’univers. Le métier est là, qui chaque fois assemble les ingrédients d’un nouveau monde et chaque fois installe des compositions amples, puissantes et actives autant que sereines et équilibrées.
Dans une autre série, la sérénité des paysages intérieurs fait place à une fureur de grande bataille, une peinture de l’énergie et de la précipitation. Bâties par l’alternance de plages claires, subtilement travaillées en tons fondus et de plages sombres, plus resserrés, cette série exprime le conflit, la tragédie violente. Plus épaisse, la matière y est appliquée en bandes contrastées, juxtaposées en rythmes nerveux, la charpente et le mouvement interne du tableau.
La maîtrise d’Uhlrich tient dans cette capacité à inscrire plusieurs temps dans ses compositions : tout en nous imposant un mouvement général torrentiel et débordant, sa peinture nous porte à cet instant de bascule, où l’ordre devient désordre, le plein devient vide, le bruit et la fureur se muent en silence. Un fracas suspendu dans le vide.
Thierry Bedoux
* Une vraie rétrospective d’Uhlrich aurait nécessité, tant l’œuvre du peintre est abondante, de disposer au moins de l’espace du Musée Campredon. Hélas cet espace étant réservé aux «amis de René Char», seul un infime fragment de l’œuvre du maître de Lagnes ne sera visible à la Tour d’Argent...

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16.06.2006
CURRICULUM VITAE
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PARCOURS DE VIE
Michel UHLRICH
Né le 1er juillet 1937 à Saint-Etienne
Dès son plus jeune âge, il est passionné par le dessin et la peinture.
A 15 ans, ses parents comprenant que seule la voie artistique l’intéressait, doivent accepter de l’inscrire à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne.
Pour Michel UHLRICH, ses grands Maîtres étaient alors les impressionnistes, puis Cézanne et les expressionnistes allemands. Jusqu’à 1959, il peint beaucoup de paysages, de portraits et autres à Saint-Etienne et dans la Haute-Loire où il va passer tous les étés avec ses parents.
En sortant des Beaux-Arts où il restera trois ans, il rentre chez un décorateur et réalise avec celui-ci de grandes fresques destinées à l’annonce des films à l’entrée des cinémas de la ville.
Ensuite, il passe une autre année comme étalagiste dans un grand magasin où il réalise de nombreux décors.
Ne pouvant peindre autant qu’il le souhaitait de jour, puisqu’il travaillait pour apporter chaque mois une paye à ses parents, il se rattrapait la nuit, et on le vit souvent peindre sous la lumière des lampadaires.
Son goût pour la solitude était alors très fort, et le cimetière de son quartier était un de ses lieux préférés pour travailler.
En 1959 il décide de tout quitter, et provoque la rupture avec ses parents en abandonnant Saint-Etienne pour « monter » à Paris.
Grâce à un ami, il peut s’installer à Montparnasse, Boulevard Edgard Quinet, face au cimetière de Montparnasse, dans une petite pièce sans aucun confort, mais qui lui sert provisoirement d’atelier.
La vie devient très dure pour lui, car il doit souvent se priver de manger pour acheter le matériel dont il a besoin pour peindre.
Malgré cela, il a de la chance d’être pris par la Galerie Bernheim Jeune, Avenue Matignon et grâce au soutien de Michel DAUBERVILLE qui s’occupait alors à la galerie des « jeunes peintres », il fît ses premières ventes importantes.
À cette époque, il rencontre également Philippe DREVET, pianiste concertiste qui depuis, a fait une brillante carrière aux Etats-Unis ; celui-ci devint très vite pour Michel UHLRICH un ami fidèle et toujours présent.
La maladie l’oblige hélas à rentrer pour six mois à l’hôpital Beaujou, puis à quitter Paris pour passer une année dans un sanatorium à Menton.
Là, il partage une chambre avec un peintre William CORNELIUS RUYSBROECK, un hollandais répertorié depuis dans le dictionnaire des peintres naïfs, décédé peu après le départ de Michel UHLRICH du sanatorium.
Pendant son séjour à Menton, et malgré l’atmosphère plutôt tragique qui régnait autour de lui (la tuberculose faisait alors beaucoup de victimes), Michel UHLRICH peint de nombreux paysages et portraits qu’il exposera à son retour à la Galerie Bernheim.
Philippe DREVET restera aussi en contact permanent avec lui. RUYSBROECK et UHLRICH bien que travaillant tous deux d’une manière totalement opposée, ont fait de leur chambre un atelier, ou la couleur et le dessin prenaient largement le pas sur la maladie.
La peinture de Michel UHLRICH prît peu à peu le chemin de l’expressionnisme. La santé retrouvée et grâce à Philippe DREVET qui l’accueille dans sa maison, il peut revenir à Paris et c’est le départ d’une longue période de plus en plus expressionniste. Est-ce son passage dans un sanatorium ? Il aime à ce moment là peindre dans l’atmosphère viscérale du ventre de Paris et n’hésitait pas à planter son chevalet devant les étals de boucherie et autres activités des halles, où se trouve maintenant le quartier Beaubourg.
Michel DAUBERVILLE quittant provisoirement la Galerie Bernheim Jeune, UHLRICH se dirige vers la Galerie R. Creuze qui expose ses œuvres ainsi que celles du peintre Bernard DISCHIULLO avec qui, il est toujours lié par une amitié solide.
Il se marie en 1961 et prend goût à la sculpture, à l’écriture et crée tout un univers dans son atelier de la porte d’Auteuil (villa Montmorency).
En 1962, il rencontre René CLAIR qui vient d’être élu à l’Académie Française ; celui-ci lui achète deux peintures et le met en contact avec le critique d’art Georges CHARENSOL.
Peu à peu Michel UHLRICH lâche le motif, pour travailler le plus souvent dans son atelier des mouvements de foule dont il a fait le croquis à la sortie des bouches de métro ou ailleurs.
En 1967, la naissance de sa fille puis de son fils l’oblige à trouver un moyen de gagner sa vie d’une manière plus régulière et durable, tout en continuant à peindre. Il se lance alors dans le « Design » et réalise d’importantes collections pour les éditeurs de revêtements muraux.
Pendant une quinzaine d’années, il va présenter deux ou trois fois par an ses collections à travers la France et l’Europe. C’est en Allemagne et en Belgique où il trouve ses meilleurs clients. La Firme Belge U.P.L notamment, qui eut comme dessinateur pendant plusieurs années le peintre R. MAGRITTE, lui achète régulièrement ses maquettes.
Parallèlement à ce travail « alimentaire » quoi que toujours un travail de création et de recherche permanente, Michel UHLRICH expose sa peinture et ses sculptures dans différentes manifestations et salons.
En 1973, il quitte Paris avec sa famille pour s’installer à Lagnes, petit village en Provence, où il habite et travaille toujours.
Peu à peu depuis cette date, il est arrivé à une peinture abstraite, de plus en plus dépouillée et très gestuelle. Gestuelle que l’on retrouve dans sa manière de traiter parfois des thèmes particuliers.
Ce fût le cas au Musée International de la chaussure de Romans qui lui consacra une importante exposition en 1996. Musée qui fît alors l’acquisition de trois toiles sous forme de triptyque, exposé en permanence, et que le public peut voir en visitant ce musée. La ville de Paris fît également l’acquisition d’une de ses œuvres lors de cette exposition.
Après ce thème de la chaussure, il entreprend une autre série de peintures, cette fois sur celui du chapeau, qui seront présentées en Arles lors d’une manifestation organisée par la firme Italienne Borsalino.
Puis au tour des « 35 heures » qui lui inspira une série de toiles, et FR3 Marseille réalisa un film lors d’une des ses émissions.
L’année 2000 a été consacrée à la poésie avec toute une série de portraits allant de Dante dont il illustra la Divine Comédie avec dix toiles abstraites, en passant par Pétraque, Villon, Rimbaud et jusqu’à René Char.
En 2001, il choisit de travailler le thème abstraction et écriture ; il réalise pour cette exposition une série de peintures abstraites très dépouillées, ainsi que des œuvres sur papier avec collages et aquarelle.
Actuellement la peinture de Michel UHLRICH devient de plus en plus aérée (sans doute) à cause de la maladie dont ses yeux sont atteints réduisant considérablement et inexorablement son champ visuel, il se dirige peu à peu vers un silence où la couleur circule en éliminant sur son passage tous « gestes » et « paroles » superflus.
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